L’époque où les perles étaient encore tendres


En face de l’école de mon fils,
il y a une nouvelle boutique qui s’appelle Xing Fu Tang.

La dernière fois que j’ai bu leur bubble tea,
c’était il y a trois ans, en été.
Ce jour-là, je marchais à Paris,
et j’ai vu ce magasin taïwanais par hasard.
Je venais d’arriver en France.
J’étais si heureuse de voir quelque chose de Taïwan
que j’ai commandé un bubble tea sans réfléchir.
Mais j’ai été très déçue.

Les perles n’étaient pas molles du tout,
comme de petites balles en caoutchouc.
Depuis ce jour-là, je n’ai plus acheté de bubble tea à Paris.
Pendant ces deux dernières années,
les magasins de bubble tea sont partout en France,
mais ma mémoire me dit de ne pas prendre de risque.

Récemment, mon fils a montré la nouvelle boutique près de son école.
Il voulait essayer.
Je me suis dit : « Cela fait si longtemps,
peut-être je peux donner une deuxième chance à Xing Fu Tang. »
Mais les deux thés au lait que nous avons pris
étaient encore décevants.

Je vis loin de Taïwan depuis vingt ans.
J’ai déjà accepté que le goût de mon pays
n’est jamais le même ailleurs.
Les ingrédients et les épices sont différents,
le goût ne peut pas être copié.

Mais le bubble tea ?
Il y a seulement de l’eau, du thé, du lait et du sucre.
Comment peut-il être si mauvais ?
Est-ce la façon française de le faire,
ou bien mon cœur trop exigeant ?

Ou peut-être…
c’est le souvenir du temps où les perles étaient encore tendres —
le temps de l’amitié, de l’amour et du pays natal —
un temps déjà loin, impossible à remplacer.

Il ne me reste qu’un peu de nostalgie dans le cœur.
[ L’époque où les perles étaient encore tendres ] 

Récemment, mon fils a montré
la nouvelle boutique de bubble tea près de son école.
Il voulait essayer.
Les deux thés au lait que nous avons pris étaient décevants.

Je vis loin de Taïwan depuis vingt ans.
J’ai déjà accepté que le goût de mon pays
n’est jamais le même ailleurs.
Les ingrédients et les épices sont différents,
le goût ne peut pas être copié.

Mais le bubble tea ?
Il y a seulement de l’eau, du thé, du lait et du sucre.
Comment peut-il être si mauvais ?
Est-ce la façon française de le faire,
ou bien mon cœur trop exigeant ?

Ou peut-être…
c’est le souvenir du temps
où les perles étaient encore tendres —
le temps de l’amitié, de l’amour et du pays natal —
un temps déjà loin, impossible à remplacer.

Il ne me reste qu’un peu de nostalgie dans le cœur.

[ 珍珠還是柔軟的年代 ]

兒子學校對面開了一間「幸福堂」。
距離上次喝他家奶茶,已經是三年前的夏天了。
那次是在巴黎逛街偶遇。

剛搬到法國,看到台灣來的店面,
那股親切感讓我不假思索就點了一杯珍奶。
結果大失所望。
珍珠毫不柔軟,
像在咬一顆顆橡皮球。

自那之後,我沒再在巴黎買過珍奶。
雖然這兩年珍奶店在法國遍地開花,
但我咀嚼肌的記憶告訴我不要冒險。

直到最近,兒子指著學校旁這家想試試,
我想,都過這麼久了,
也許可以再給幸福堂一次機會。

結果,兩杯不同口味的奶茶,兩杯都令人失望。

離開台灣二十年,
我早已接受「家鄉味」在異地的不對勁,
畢竟食材不同、調味不同,
口味本來就不能複製。

但珍奶?
只有水、茶、奶、糖,
這樣還能難喝?

不對味的,
究竟是法國這裡的做法,
還是我的心態過於嚴苛?

又或是,
我記憶中的那股熟悉 —
友情、故鄉、愛情,
那個珍珠還是柔軟的年代,
已然遠去,無可取代。

能夠追憶的,
只剩心中的那絲懷念。

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